J’en suis pas plus fier pour ça (pour qui voter?)

Le Collectif Culture Commune ne soutient aucune des candidatures du premier tour de l’élection présidentielle. Dans nos différentes interventions, nous avons mis en garde contre les deux candidatures de l’extrême droite et de la droite extrême. Nous avons aussi souligné qu’aucun des candidats venus de gauche – Macron, Hamon, Mélenchon – n’avait réellement combattu les positions de M Le Pen, un tel combat imposant selon nous une dénonciation sans complaisance du djihadisme et de l’islamisme.

Les contributeurs ou lecteurs réguliers du site, à titre personnel, votent blanc, Macron ou Mélenchon. Nous reproduisons ci-dessous deux notes qui émanent d’un animateur du collectif et d’une lectrice régulière qui a voté pour la première fois en 2002.

Un vote purement tactique, pour éviter Le Pen et Fillon (1)

D’abord une évidence. Depuis que je vote aux élections présidentielles (1974), je n’ai jamais eu la possibilité d’émettre un vote d’adhésion. Jamais mes idées n’ont rencontré celles d’un candidat, ses « projets », son idéologie. Et même lorsque le candidat pour lequel j’avais voté était élu, je ne lui faisais pas confiance. Il faut croire que la politique des partis – comme département accessoire de la société du spectacle – ne se contente pas seulement d’assurer la réélection alternée des mêmes qui ont fait leur preuve. Elle s’entend à merveille à réduire l’influence des courants critiques, privés non seulement de l’accès au pouvoir d’état, mais tout simplement de la possibilité de s’exprimer. Un grand nombre d’« électeurs » se voient ainsi régulièrement confisquer leurs droits de citoyens et sont contraints de s’abstenir, de voter blanc ou nul, ou d’exprimer un vote tactique. La caractéristique des élections présidentielles de 2017, c’est qu’un grand nombre d’électeurs classiques, habitués à émettre des votes d’adhésion à droite ou à gauche, se retrouvent dans la même situation que les électeurs des courants minoritaires critiques. La droite modérée et la gauche laïque sont traitées sur le même pied que les anarchistes ou les décroissants.

La représentativité des candidats ne suffirait pas à elle seule à garantir le caractère vraiment démocratique des élections. Contrairement au bluff politicien qui veut nous faire croire que les élections sont « un grand moment pour les démocraties », tous les vrais démocrates savent parfaitement que l’élection – qui n’est pas spécifique à la démocratie – n’est rien d’autre que le moment où le citoyen accepte de se défaire d’une part de son gouvernement de soi, où les collectifs acceptent de voir leur autonomie subordonnée, où la société accepte de déléguer son pouvoir d’autogestion, où la république accepte d’être représentée et « présidée ». Cette procédure, où la liberté publique se limite elle-même, est un mal nécessaire. S’il y avait quelque chose à fêter, ce ne serait pas l’arrivée d’un nouveau président, mais plutôt le départ du précédent. Les sujets des monarchies, anxieux de la continuité de leur assujetissement, criaient « Le roi est mort ! Vive le roi ! ». Les citoyens des républiques démocratiques aux jours d’élection pensent silencieusement : « Un nouveau président ? Bientôt il devra céder la place ». Il faut cependant reconnaître que jamais, sous la Vème République, l’élection du soit-disant « monarque républicain » ne se sera si dangereusement rapprochée de la désignation d’un tyranneau, quoique les Français, si fiers de leur historique inventivité politique, risquent d’avoir à trouver le féminin d’un certain nombre de figures du pouvoir, toutes moins ragoutantes les unes que les autres. La perspective d’avoir à subir M Le Pen, l’extrême droite, ou F Fillon, la droite extrême, pendant cinq ans, n’est que modérément compensée par l’espoir de s’en débarrasser en 2022. Peut-être serait-il plus adapté d’éviter cette expérience ?

Le vote tactique n’est pas le vote « utile ». Si j’avais confiance en un des candidats, je le soutiendrais au premier tour et n’accepterais pas les conseils sur le vote utile entre les trois ou quatre candidats présentés par les sondages comme les premiers. Je ne comprends pas pourquoi on peut voter Mélenchon, Hamon ou Dupont-Aignan, mais j’accepte que les électeurs qui leur font confiance refusent l’argument du vote utile, pensant, par exemple, aux législatives.

Le vote tactique est différent. Ce n’est pas un vote pour un candidat mais pour une situation. Ce vote peut être positif, par exemple lorsqu’un candidat ou un courant semble le moins à même de résister à un puissant mouvement d’émancipation. Dans ce cas, on cherche par un vote, non pas à soutenir un candidat, mais à créer une situation favorable à ce mouvement. En 2015, par deux fois, et encore en 2016, le peuple français a fait preuve d’une résistance étonnante face au djihadisme et d’une consistance de son esprit public qui ont étonné tous ses ennemis. Il y avait donc la place pour la candidature d’un(e) républicain(e) démocrate honnête, capable de combattre l’extrême droite et le racisme, parce qu’il aurait su combattre le djihadisme, l’islamisme et le communautarisme. Il aurait pu proposer une plateforme unitaire autour de la laïcité, les droits des femmes, les libertés d’expression, la défense de notre mode de vie. Mais ces élections nous auront même enlevé l’occasion d’émettre un tel vote tactique positif. Sur tous ces points, les candidats ont été lamentables.

Je crois donc que nous sommes condamnés au vote tactique négatif, celui qui n’a pas d’autre effet que de tenter d’empêcher une situation encore pire. Pour éviter Le Pen ou Fillon, je ne vois pas d’autre moyen que de voter pour Macron. Je n’y vois aucune raison positive sérieuse. C’est le candidat parfait de la société du spectacle, ou, pour employer un autre registre, le plan B du grand capital. Personnellement ce parti des gens qui réussissent ne me plait pas. Comme disait une vieille chanson de salle de garde « J’en suis pas plus fier pour ça ». Mais il faut faire le peu que nous pouvons pour éviter l’extrême droite et la droite extrême.

A quelques jours d’élections très importantes, pourquoi je pense voter blanc dès le 1er tour (2)

Je suis citoyenne avec le droit de vote, droit fondamental dont je reconnais toute l’importance.

Je suis profondément de gauche. Jusqu’à présent j’ai voté à toutes les élections depuis mes 18 ans. J’ai toujours voté, en fonction de mes convictions, suivant des logiques politiques qui me semblaient adaptées à chaque élection, soit pour un « gros parti » (PS) soit pour de plus « petits candidats » (écolos par exemple). Je vote même pour l’élection des représentants des lecteurs à la bibliothèque.
J’aime voter, c’est un geste qui me tient à cœur !

La France doit choisir son prochain président. C’est crucial !

D’autant plus que la situation internationale est, à mon sens, salement instable. Et oui, je pense bien à Trump, au Brexit, à Poutine, à Daesh, à Bachar, à Erdogan, à la Corée du Nord, à l’Amérique Latine… Des hommes, des pays, des continents et franchement, on ne sait pas bien de quoi sera fait demain ! Le président français doit s’occuper de la France et son territoire, de la France dans l’Europe et de la France dans le monde.
Donc, je répète, c’est crucial !

Le « vote utile » ce que j’en pense…. Peu de bien ! Ce serait qui ? Macron ? Mélenchon ?

Je vais expliquer pourquoi aucun des deux ne me convient, mais puisque visiblement, c’est accepté et acceptable de ne pas voter POUR mais de voter CONTRE – pourquoi pas, j’ai voté Chirac à une certaine élection passée au goût nauséabond – prenons le temps de considérer cette option. Le vote utile se justifie par la place qu’occupe aujourd’hui le FN sur l’échiquier politique avec un électorat important et stable, ainsi que la possibilité mathématique d’un passage au deuxième tour et par la suite d’une élection de Le Pen. OK. Je ne suis pas plus idiote qu’un autre, je comprends le risque et mes connaissances limitées en maths me permettent comme à tous de faire le calcul.
Pas la peine de brandir la menace, je l’ai comprise et m’en inquiète moi aussi !

Sauf que…
Sauf que le vote utile, on s’y est déjà confronté et ça change TOUT !

En 2002, on peut se dire que les politiques n’avaient pas saisi l’ampleur du phénomène FN, qui n’a été compris QUE comme un vote contestataire. Sauf que, vote d’adhésion ou de contestation, aucune réponse n’a été apportée ni à gauche, ni à droite. Non, au lieu de ça, on accepte la « dédiabolisation » du FN. A droite, on pense à la Sarkozy que si on dérape vers la droite de la droite on va rattraper des électeurs (ce qui a pour unique résultat la banalisation des propos FN). A gauche, on parachève l’englobement des associations anti racistes telles de SOS ou Ras l’Front au sein de la machine PS et on laisse (quand on ne soutient pas) le terrain à des groupes comme le PIR (qui porte bien son nom pour le coup ! mouvement profondément raciste qui se planque derrière le concept de « racisés »). On a eu Le Pen au 2ème tour et résultat, quoi ? Plus de lutte massive, visible contre le FN et le racisme. Cherchez l’erreur ! Et aujourd’hui on brandit la menace mathématique du nombre de vote. Sauf que la réponse à la montée du FN, elle n’est pas mathématique, elle est POLITIQUE ! Tant que sur le terrain politique rien n’est fait, le problème ne sera jamais réglé. Vous savez pourquoi ? Parce que toute équation mathématique appelle une résolution. Et moi, je refuse de réduire la question POLITIQUE de ces élections à la résolution d’un problème MATHÉMATIQUE. Tous les 5 ans je vais devoir voter en décalage de mes convictions pour bloquer le FN ? Et si, au lieu de ça, les politiques faisaient leur travail et
1. Déconstruisaient le discours du FN (c’est quand même pas la mer à boire)
2. Faisaient des propositions politiques basées sur les préoccupations réelles du peuple (genre, un truc un chouia démocratique pour changer),
non ?
Et enfin, sur la responsabilité en cas désastreux de victoire du FN, la faute ne serait pas à remettre sur l’abstention. Je ne crois pas que les français se désintéressent de la politique, c’est l’inverse. Les politiques se désintéressent d’eux donc ils ne votent pas. Elle ne serait pas non plus sur ceux qui n’auront pas voté contre mais bien sur ceux qui auront voté pour. Donc se calme sur les campagnes de culpabilisation intensives et préventives.

Comme beaucoup, je sais pour qui je ne voterai pas : Pas question de voter ni FN ni Fillon !

J’ai précisé que je suis de gauche, je ne vais pas vous faire perdre votre temps à vous expliquer pourquoi je ne voterai ni pour l’un ni pour l’autre. Ceci dit, je ne les mets pas sur le même plan. La philosophie politique sur lesquelles se fondent les idées et propositions du FN (en plus d’être aussi erronées que celles de Fillon selon moi) est extrêmement dangereuse et profondément raciste. A partir de là, rien n’est négociable avec le FN. Non ce n’est pas un parti comme un autre malgré ce que ses représentants tentent de nous faire croire et malgré le manque d’opposition politique face à eux.

Je ne me reconnais pleinement dans aucun des 6 « petits » candidats.

Je trouve Asselinau dangereux et suis attachée à l’Europe. Cheminade, je n’arrive pas à comprendre, mais pour le moins, je ne partage pas son obsession pour la conquête de l’espace et ne crois pas que Mars représente notre avenir.  Lasalle, bah franchement, j’ai du mal à le déchiffrer. Poutou me fait marrer avec ses répliques et je suis très contente qu’il soit là mais je ne partage pas même 30% de ses idées. Quant à l’obsession marxiste anti patronat de Artaud, elle me tape sur le système.  Et le 6ème, m’a tellement marqué que j’ai oublié qui il est ! (je viens de vérifier… Dupont- Aignan, bah, nan !)
Puisqu’aucun n’a la moindre chance de passer le 2ème tour, ça n’a d’intérêt de voter pour eux que s’ils défendent une position globale (au-delà des détails qui de toute façon ne seront pas appliqués) qui nous semble convaincante. C’est du moins ce que je pense. Dans cette logique j’aurais sans hésitation voté écolo à un premier tour, mais pas de pot… Les écolos sont au dépôt !

Il reste, par ordre alphabétique : Hamon, Macron et Mélenchon, les 3 …ons

(je vous laisse choisir votre rime, au choix : cochons, couillons, barons, bouffons, morpions, options ?)
Aucun des 3 ne me satisfait pleinement mais finalement, ce n’est pas si surprenant de ne trouver personne pour représenter exactement son opinion individuelle. J’ai donc pris la question dans l’autre sens et j’ai cherché à savoir si les uns et les autres ont, dans leurs programmes, parcours, histoire de leur parti des éléments, positions, propositions que je juge rédhibitoires.

Et pourquoi pas Hamon ?

LES +          J’aime le fait qu’il place la question écologique (et oui, je suis têtue, hein !) au centre de ses préoccupations. Même si je ne suis pas sûre d’être complètement convaincue par son histoire de revenu universel, je serais partante pour tenter le coup ! L’idée me plaît.
SAUF QUE    sur la question de la laïcité je trouve ce type carrément dangereux. Pour ceux qui ne savent pas, allez voir un peu ce que fait, dit et avec qui fricote le porte-parole de sa campagne, le dénommé Bachelay (ici un lien vers une source originale et fiable, histoire de changer des grand médias qui sont un poil frileux sur le sujet). Alors que la France est la cible d’attaques répétées et que se jouent sur son territoire de nombreuses luttes contre et heureusement aussi pour la laïcité, Benoît Hamon ne juge pas essentiel de prendre des positions claires sur le sujet et s’entoure de n’importe quel zigoto par communautarisme électoral. Je le dis avec des termes qui font sourire mais je trouve cela extrêmement grave pour un candidat à l’élection présidentielle !
CONCLUSION :              HAMON, PAS QUESTION !

Et pourquoi pas Mélenchon ? En voilà un qui me fait du pied.

LES +          Faut-il que je me répète sur le fait que l’écologie doit être au cœur de nos préoccupations ? Bon, Méluche, c’est pas compliqué, sur le papier, il a tout pour plaire d’ailleurs les principales ONG le soutiennent (un lien vers une petite étude qui fait le point sur le fan club ONGesque de JLM). Non mais c’est vrai que le type est convaincant. Il veut insuffler plus de démocratie et que les français s’impliquent dans son histoire de 6ème république (bon ça, je ne sais pas si c’est nécessaire, mais pourquoi pas !).
Bref, côté social, il semble au top !
SAUF QUE    sur le plan international le mec est un vrai cauchemar ! Prenons l’Europe pour commencer. Môssieur Mélenchon ne veut pas discuter avec l’Allemagne et pense que les rapports de force et les menaces sont la meilleure façon de travailler avec ceux qui sont quand même nos pays amis. Il veut utiliser la sortie de l’Europe comme arme de dissuasion exactement comme les militaires utilisent le nucléaire comme menace suprême. Je ne suis pas sûre d’aimer la méthode de l’armée; mais alors pour l’Europe, je suis convaincue que c’est une énorme connerie cf le Brexit ! Le monde maintenant : ce n’est pas mieux. Alors OK, j’entends déjà les Insoumis (joli nom !) se chauffer la voix, près à démarrer à la première mention de Poutine ou de l’ALBA. Parlons-en quand même ! Ok, « JLM n’est pas pro-Poutine contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, il ne veut juste pas faire la guerre à la Russie ». Sauf que personne n’a jamais parlé de faire la guerre à la Russie ! Alors c’est quoi le sens de cette position « pas anti poutine » exactement ? Et l’ALBA, bah voyons ! « ouais mais ça ne concerne que les territoires français voisins, pas la métropole » les guyanais apprécieront la précision. Donc en gros, d’un côté on refuse de discuter gentiment avec nos amis européens et on les menace ; de l’autre, on fait copain-copain avec les pays qui mettent leur population dans des situations de survie inacceptables. Ah, et aussi, on crie qu’on veut faire la paix en ne se mêlant plus des problèmes en Syrie, Lybie, on laisse tomber les Kurdes et règle la question de Daesh par un revers de la main en disant que tout cela n’est qu’une question de pipeline. Mais oui !
CONCLUSION :              MELENCHON À L’INTERNATIONAL,
CE N’EST PAS LA PAIX, C’EST UNE VÉRITABLE EXPLOSION !

Et pourquoi pas Macron ? Moi qui suis de gauche j’y ai pourtant songé.

LES +          Il n’a pas vraiment les deux gros défauts de Hamon et Mélenchon. Plus exactement, il n’a pas le défaut de Hamon même s’il est plus équivoque que Mélenchon sur la laïcité qui lui dénonce la notion d’islamophobie (lisez Charb là-dessus si vous ne l’avez pas encore fait. Il pose les choses clairement et en plus c’est une façon de rendre hommage à une victime). Il n’a pas la folie internationale de Mélenchon qui prétend qu’il suffit de crier paix pour que tout s’arrange.
SAUF QUE    sur le plan social il est TOUT ce que je n’aime pas. Alors je ne vais pas vous faire la liste, elle est trop longue. Mais voyez plutôt la gueule des qualités que je lui trouve : ne pas avoir les défauts des autres. Sauf qu’il n’a pas non plus leurs qualités. C’est pas compliqué, tous les arguments que j’ai entendu en faveur de Macron sont justement les raisons pour lesquelles je ne peux pas voter pour lui. J’exècre le modèle de société que lui vante. Je ne suis pas « attachée à  la valeur travail ». La misère des chauffeurs UBER qui manifestent pour le maintien de leur situation de précaire me déprime (et oui, je suis allée parler avec eux, je comprends leur situation). La libéralisation me semble être une menace et pas une avancée. Bref, je suis de gauche.
CONCLUSION :          MACRON CE N’EST PAS VOTER CONTRE LE PEN,
C’EST VOTER CONTRE MOI-MÊME !

Après les présidentielles, y’a les législatives.

Une stratégie en faveur de Macron serait de dire : je prends le moins pire à l’international et je lui fous dans les pattes une assemblée qui assure côté social. Je pense que beaucoup vont penser ainsi en plus du vote utile. Ça fait d’une pierre deux coups. Sauf que c’est contraire à toutes mes idées !

Alors, voilà, à quelques jours d’une élection présidentielle extrêmement importante où se joue la place de la France dans l’Europe (et donc l’avenir de l’Europe), je vais peut-être voter blanc dès le 1er tour.

Croyez-moi, ça ne me fait pas plaisir. Plus encore, je suis inquiète !

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s